Minestrone - étincelles d'humanité en tournée
PROCHAINES DATES
Mardi 31 Mai 2026 à 14h30 à la Bibliothèque Robert Desnos, 14 Blvd Rouget de Lisle, 93100 Montreuil - spécial lycées
Samedi 2 et dimanche 3 Mai 2026 à 18h30 au Quintet, 7 Grande Rue, 89450 Asquins - spectacle-repas
Un nouveau spectacle à l'affiche !
MINESTRONE
Étincelles d'humanité
Texte : Luciano Travaglino
Avec: Félicie Fabre et Luciano Travaglino
Regard extérieur théâtre d'objet: Sarah Lascar
Spectacle-repas
Tout public dès 12 ans, 55 mins
MINESTRONE - Étincelles d'humanité est un spectacle-rencontre sur la montée du fascisme en résonance avec l'actualité.
Et à la fin du spectacle, on partagera le minestrone !
Pas besoin d'une scène si vous avez une cuisine : Minestrone débarque aussi chez vous pour une soirée privée, une fête inattendue, un anniversaire hors commun ou un dîner entre ami.e.s qui se transforme en échange convivial.
Nous proposons pour des classes de lycéen.nes une version adaptée sous le titre de Étincelles d'humanité. Les spectacles seront joué en matinée ou l'après-midi, et donc les lycéens n'auront pas de légumes à déguster, youpi !!!
Première de
Étincelles d'humanité
mardi 31 Mars 2026 à 14h30
spectacle pour les lycées
Bibliothèque Robert Desnos
14, blvd Rouget de Lisle
Montreuil 93100
Le spectacle est construit avec des moments théâtraux : interprétations de textes, chansons, théâtre d'objet, commedia dell'arte et jeux masqués présentés au hasard avec un jeu participatif et interactif.
Fruit du hasard, dans chaque représentation les textes seront différents : vous trouverez donc ci-dessous l'intégralité des textes que nous avons choisi sur la culture antifasciste.
Les Étincelles d'humanité - les textes en intégral
Armements : une proposition modeste
DeAlberto Olivetti
Les conflits armés se développent dans le monde. Les morts se comptent par milliers. Les chefs d’état, les ministres, les députés nous assurent que c’est avec les armements qu’on construit le futur de l’humanité.
Et bien, ma proposition pour résoudre ce problème est né de la lecture de L’Instruction pour l’escrime avec le bâton, manuel du Ministère de la Guerre du Royaume d’Italie, publié en 1876.
Le but de cette instruction est de développer les forces musculaires et la rapidité du soldat, pour le rendre apte à se servir du bâton comme arme. L’arme, cet à dire le bâton, devra être de chêne, d’orme ou de frêne, d’une longueur d’un mètre cinquante, et d’un diamètre de trente millimètres sur le manche en dégradé vers la pointe jusqu’à vingt.
Le manuel décrit, avec précision, les positions de défense et d’attaque et les règles à respecter pendent les assauts. Le manuel précise aussi qu’il faut saluer son adversaire avant et après l’attaque et que le vainqueur sera celui qui touchera le premier son adversaire.
Je propose donc, d’équiper bien sûr les armées, mais uniquement avec des bâtons.
Étranger ?
De Victor Hugo - 1885
Étranger ? Que signifie ce mot ?
Quoi, sur ce rocher j’ai moins de droits
que dans ce champ ?
Quoi, j’ai passé ce fleuve, ce sentier,
cette barrière, cette ligne bleue ou rouge,
visible seulement sur vos cartes, et les arbres,
les fleurs, le soleil ne me connaissent plus ?
Quelle ineptie de prétendre que je suis moins
homme sur un point de la terre que sur l’autre !
Vous me dites : « Nous sommes chez nous
et vous n’êtes pas chez vous. »
Où ? Ici ? Vous n’avez qu’à y creuser une fosse,
et vous verrez que la terre m’y recevra tout
aussi bien que vous.
Comment les chats nous apprennent à résister au fascisme
De Stewart Reynolds
Les chats ne rigolent pas quand ils ont faim.
Ils ne restent pas assis sans rien dire en espérant que quelqu’un remarquera leur gamelle vide. Non. Ils vont droit à la source du problème et font connaître leurs exigences – avec un miaulement perçant qui pourrait réveiller un mort.
C’est une leçon que nous devrions tous mettre en pratique : quand quelque chose ne va pas, dites-le. Haut et fort.
Bien évidemment, les fascistes méprisent de tels comportements. Ils espèrent que les gens se tairont, qu’ils tolèreront l’injustice.
Ainsi, la prochaine fois que vous serez confronté à une injustice, n’attendez pas silencieusement que quelqu’un la remarque. Prenez la parole. Exigez la justice. Soyez tenace. Et si les fascistes essaient de vous tordre le cou, miaulez encore plus fort.
Trois cent mille likes
De Roberto Saviano
Imagine que tu allumes ton smartphone un matin et que, sur l’écran d’accueil, tu tombes sur tous les souvenir de ta vie, même ceux que tu ne voulais pas conserver : le premier baiser, le premier vomi, la fois ou tu as répondu à ta mère, la première dispute, la fois ou tu as trompé ta petite ou ton petit ami, les message audio que tu as envoyés sur WhatsApp, la liste des film pornos que tu as vu, chaque commentaire stupide, sexiste ou vulgaire que tu as fait, quelque selfie nu…
Maintenant, imagine que ce que tu es en train de regarder, n’importe qui puisse le voir. Que rien de tout cela ne puisse être effacé de ton smartphone ou du Net. Même si tu n’es plus la personne de ton premier baiser, ou celui de la gueule de bois qui s’est terminée par des vomissements, et que tu réponds gentiment à ta mère, sur le Net les gens continuent à donner un flot de likes à tes bêtises passées. Un autre toi se balade sur le Net sans ton consentement, sorte de zombie qui fait rire tout le monde. Sauf toi.
Ne t’inquiète pas, je ne veux pas diaboliser le Web.
Le Web il nous a relié les uns aux autres, il nous a permis de nous exprimer. Alors que nous nous lamentions que personne ne nous écoutait, il nous a accordé son attention, il a pris soin de nous, il nous a permis d’être en vitrine, de donner une large exposition à nos idées, de montrer nos talents…
Mais, le Web, pendant tout ce temps nous observe, même lorsque notre téléphone est éteint, que notre ordinateur est déconnecté. Même pendant que nous dormons le Web continue à nous « surveiller », telle une ventilation silencieuse toujours en marche.
Littérature
De Roberto Saviano
Peut-être l’idée que tu t’es faite de la littérature c’est que les écrivains sont des gens inoffensifs. Qu’ils ne blessent personne, n’arrêtent personne, ne tuent personne.
Tu es convaincu que les mots ne peuvent abattre des murs ni écarter des barreaux. « Ce ne sont que des mots ! » Ce n’est pas ce qu’on dit ?
Pour lire il faut se retirer du monde, il faut avoir une relation intime avec les livres. Et cette relation intime avec les livres a toujours été perçue comme dangereuse pour le pouvoir.
Je peux voir ce que tu fais dans la rue, je peux le contrôler, mais ce que tu penses est insupportable parce que on ne peut pas le contrôler.
Un meurtrier tue une personne, on l’enferme dans une prison. Mais comment emprisonner la parole ? Le pouvoir se méfie de ceux qui écrivent, car au fond il se méfie de ce qui lisent.
Ceux qui ont du mal à lire se contentent de slogans, de phrases toutes faites. Le lecteur est un chercheur solitaire, mais celui qui cherche creuse et, à force de creuser, tôt ou tard il trouve.
La parole résiste aux flammes
De Roberto Saviano
Le 17 février 1600, un homme est conduit sur la place public, déshabillé puis brûlé vif sur un tas de bois. Cet homme qui brûle sur le bûcher, c’est un philosophe, il s’appelle Giordano Bruno coupable d’avoir contredit les dogmes de l’Église et que l’Église punit ainsi.
Giordano Bruno pensait, déjà à l’époque en 1600, que tous étaient égaux : femmes, hommes, enfants, juifs, musulmans, chrétiens, Blancs, Noirs, philosophes, scientifiques, domestiques, teinturiers, chefs d’État. Tous faits d’une seule et même substance. La substance infinie dont – selon Bruno – est constitué le monde. Une argile unique dans laquelle ont été modelé les hommes, les arbres, les fleurs, la musique, la pensée. Ce que tu vois comme différents, c’est uniquement la quantité d’argile utilisée. Pas la qualité mais la quantité : gros, maigre, plus cuit, moins cuit… voilà ce qu’est c’est l’infinité du monde de Giordano Bruno.
Et nous devons tous trouver notre place dans cette infinie diversité.
Les vérités de Giordano Bruno, elle se seraient arrêtées s’il les avait niées. Mais Giordano Bruno est mort pour les affirmer. Cette mort est un cri qui proclame la liberté de la pensée. Désormais, ce cri t’appartient, c’est le tien.
LA PAROLE RÉSISTE AUX FLAMMES.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Les deux corbeaux
Pendant des années, les généraux Marc Antoine et Octave se livrèrent à une lutte à mort pour le pouvoir à Rome. Il était difficile de deviner comment se terminerait ce duel, jusqu’à ce que Marc Antoine, pris par surprise, tombe à la bataille d’Actium, sur la côte occidentale de la Grèce.
Lorsqu’Octave revint en triomphateur, un homme se dirigea vers lui avec un corbeau dressé. Comme le perroquet, un corbeau dressé peut imiter la voix humaine. L’oiseau de notre histoire avait appris à dire : « Gloire à Octave, commandant victorieux. » Impressionné, Octave récompensa le propriétaire du corbeau pour avoir cru à son succès avec une telle loyauté.
L’homme, cependant, avait un deuxième corbeau, dressé pour déclamer : Gloire à Marc Antoine, commandant victorieux.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Agressifs
La société dans laquelle nous vivons admire et valorise les comportements agressifs. Il semble que l’agressivité soit devenue une qualité.
Le philosophe et empereur romain Marc Aurèle considérait à l’inverse que l’agressivité est une faiblesse et la violence le contraire de la force ; les furieux sont des êtres blessés qui attaquent, alors que la gentillesse est invincible.
Rester calme permet de garder sa supériorité morale et de l’emporter. Il écrivait : « Que pourra intenter contre toi le plus grossier des individus si tu te montres poli avec lui ? »
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
L’étrangère
Les démocraties sont souvent présentées avec orgueil comme des terre d’accueil, d’asile pour les persécutés. Mais derrière le mythe étincelant du refuge se cachent des réalités moins idylliques.
Les dirigeants savent que, quand la période est trouble, la dureté avec les étrangers accroit leur popularité.
Le célèbre Périclès se vantait qu’Athènes fût une cité ouverte qui ne rejetait pas les étrangers.
Cependant, malgré ses belles déclarations, Périclès approuva une loi discriminante qui limitait la citoyenneté aux seules personnes ayant leurs deux parents athéniens.
Quelques années plus tard, Périclès s’éprit d’une femme née dans l’actuelle Turquie, l’extraordinaire Aspasie. Conséquence de la loi qu’il avait lui-même promulguée, leur fils fut considéré comme un étranger.
Et Périclès comprit que la pureté de sang est une illusion : nous sommes tous enfants et parents du métissage.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Expiation
Anciennement, les Juifs choisissaient un bouc, l’emmenait dans le désert et le lapidaient pour qu’il expie les péchés de la communauté.
De là l’expression bouc émissaire.
Aux temps des croisades, on pensait que les têtes de Turc décapitées nous libérait de tous les maux.
Les Athéniens choisissaient deux personnes qu’ils accusaient d’être responsable de la famine, de la sècheresse, de la peste ou des tremblements de terre. Ils les trainaient en dehors de la cité pour les lapider. Ils choisissaient généralement des esclaves, des étrangers.
Ils appelaient leurs victimes expiatoire pharmakos, qui a donné le mot pharmacie, comme si, avec leurs éliminations on pouvait soigner tous les maux.
Aujourd’hui, certains prétendent préserver la santé de la nation, en chassant les étrangers.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
De source sûre
Lire nous aide à parler. Grace à la lecture, on apprend l’habilité verbale et la richesse de vocabulaire.
Nous pouvons ainsi, « raconter », en utilisant des mots précis et éloquents.
Nous sommes tous et toutes, d’une certaine manière, des narrateurs, qui cherchons à convaincre et à séduire : c’est pour ça que nous avons besoin des livres.
À travers les livres, on apprend à se connaître et à mieux comprendre les autres. Ainsi, on est mieux armés pour déchiffrer le monde.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Animaux politiques
Nombreux sont celles et ceux qui pensent aujourd’hui que la politique est une affaire dont les citoyens et citoyennes sont exclus. À l’inverse, les Grecs estimaient que la politique est l’affaire de tout le monde.
On raconte, dans une légende ancienne, que les dieux créèrent tous les êtres vivants. Puis chargèrent les frères Prométhée et Épiméthée de repartir entre eux leurs différentes qualités.
L’écervelé Épiméthée voulut s’occuper seul de cette distribution.
Il commença par les animaux : il donna aux uns des griffes et des dents pointus ; au faible la vitesse pour s’enfuir ou un camouflage habile. Mais, étourdi, il distribua tous les dons aux animaux, oubliant les humains. Ainsi les hommes, vivaient isolé et dans la peur, à la merci des bêtes sauvages.
Zeus eut pitié et leur donna le sens politique. Ainsi ils formèrent une communauté. Conforté par l’esprit de collectivité, les humains se développèrent et transformèrent le monde.
La politique, c’est l’art de vivre tous ensemble.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
L’école publique
Dans un monde obsédé par le succès, des concepteurs des programmes scolaires, voudraient supprimer les disciplines artistiques et humaniste, les considérant comme savoir superflus, sans véritable application pratique dans la vie.
Avant la création de l’école publique, seuls les nobles, destiné à gouverner, avaient accès à la musique, la poésie et l’éloquence.
L’école publique a réussi à diffuser la philosophie, la littérature et l’histoire dans les classes populaires, offrant à tous les outils pour penser et questionner le monde.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Normalité
Dans la cour de l’école, on apprend de dures leçons sur la jungle humaine. Le membres les plus fragiles sont montrés du doigt et subissent des moqueries : ceux qui ont un défaut physique, les timides, les souffreteux, les gros, les laids, les faibles.
C’est la manifestation précoce d’une phobie de la différence qu’on retrouve dans le comportement des adultes.
Depuis toujours, la peur de la différence est source de superstitions et de presque toutes les persécutions. Nous n’avons pas appris à cohabiter avec la fantastique diversité humaine. Nous sommes tous uniques, c’est ça, notre point commun.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Avidité
Nous vivons submergés par la consommation, dans une course folle d’achats de marchandises. Et par-dessous tout, l’objet fétiche de notre époque : le téléphone portable.
Autrefois les gens possédaient peu de biens.
Le Grec Bias de Priène, un de Sept Sage, aurait observé d’un regard ironique cette soif de possession.
Alors que les troupes ennemies allait attaquer leur cité, les habitants effrayés fuyaient, en se chargeant de tous ce qu’ils pouvaient ; seul Bias s’en aller sans rien emporter.
Étonnés, ses concitoyens lui demandèrent pourquoi il ne chercher pas à sauver ses acquisitions.
Le sage répondit : « Je porte tous mes biens avec moi ».
Il s’agissait de choses invisibles : ses connaissances, ses souvenirs, ses compétences.
Nous ne sommes pas propriétaires des choses matériels, on est juste des éphémères utilisateurs.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Question de confiance
Nous vivons dans une étrange période politique.
On ne fait plus confiance au discours nuancés des spécialistes, on prête plutôt attentions aux partisans des affirmations fracassantes.
Dans les débats télévisés et les réseaux sociaux on entend de plus en plus des voix extrémistes qui nous livrent des certitudes.
Et nous écoutons de moins en moins les voix qui doutent.
Peut-être nous avons oublié l’enseignement d’un philosophe de l’antique Grèce qui disait : « Je sais que je ne sais rien ».
Des psychologues réunirent un groupe d’étudiants et, après les avoir soumis à un test d’intelligence, leur demandèrent d’évaluer leurs propres capacités.
Les élèves les mieux préparés pensaient être en dessous de la moyenne, tandis que les moins doués étaient persuadés de figurer parmi les meilleurs.
Les psychologues conclurent que l’incompétence du médiocre l’empêche de voir son absence de talent et de le reconnaître chez les autres.
L’ignorance produit plus de confiance que la connaissance.
Étincelle d’Humanité
De Irene Vallejo
Magiciens
Un magicien sur scène, parle sans arrêt, interpelle, gesticule, raconte des blagues, camouflant ainsi ses trucs.
Depuis la nuit des temps, il existe des leaders politiques qui utilisent des techniques de diversion similaires.
Leur précurseur vécût dans la Grèce antique s’appelé Alcibiade. Jeune, beau et intelligent, il devint l’idole des Athéniens.
Un beau jour il fit couper la queue à son magnifique chien de chasse. Toute la ville se mit à spéculer, discuter, condamner, s’indigner.
Tranquille et amusé, Alcibiade confia à un ami que, pendant que les Athéniens se préoccupaient de la queue de son chien, ils ne prêtaient pas attention à sa mauvaise façon de gouverner.
Aujourd’hui, trop souvent, des dirigeants prestigieux, nous détournent des questions essentielles, pour nous embobiner et nous enfumer, en réalité ils sont des magiciens.
La chronique féministe
De Violaine De Filippis-Abate
« Dans les partis d’extrême droite on retrouve l’antiféminisme, l’opposition aux droits sexuels et reproductifs (avortement, éducation à la sexualité…) et aux droits des personnes LGBTQIA+. »
Derrière une sensibilité affichée pour la-cause-des-femmes, que nous disent les partis d’extrême droite ?
En premier lieu, que les problèmes des femmes en France, c’est la-faute-des-Noirs-et-des-Arabes.
En deuxième lieu, que les problèmes des femmes en France, c’est la-faute-à-l ‘islam.
En troisième lieu, que les problèmes des femmes en France, c’est la-faute-des-musulmans.
Pour s’en convaincre, il suffit de lire la « Lettre aux Françaises » adressée par un parti d’extrême droite lors de la dernière campagne présidentielle. On expulsera les étrangers. Oubliant que les violences faites aux femmes existaient sur notre territoire bien avant les phénomènes d’immigration et que leur grande majorité se passe toujours dans le cadre familial ou amical.
Pour le reste, les partis d’extrême droite sont pour un féminisme de « Fête des mères », et de valorisation des femmes au foyer, matrices prolifiques de petits Français blancs.
Il faut que les Françaises fassent des enfants français parce que c’est leur raison d’être.
La Chronique Féministe
De Violaine de Filippis-Abate
Le sexisme ordinaire, est enraciné dans notre culture. Comment espérer un changement profond.
II est un lieu où tout peut se jouer : l’école républicaine.
Là, sur les bancs de nos écoles, se forgent les esprits.
Là se construisent les valeurs que nous portons toute une vie. L’école a le pouvoir immense de changer les mentalités pour un avenir sans violences sexuelles.
« Seule l’éducation nous permettra de briser enfin la chaîne qui commence par le sexisme et mène aux violences. »
Nous devons faire de l’égalité femmes-hommes une priorité.
La chronique féministe
De Violaine De Filippis-Abate
Le trumpisme, ou la virilité conquérante
Donald Trump a réaffirmé : « Nous avons besoin du Groenland ».
Une déclaration qui révèle une vision profondément masculiniste du monde : ou la puissance se prouve en prenant, en annexant, en décidant à la place des autres – exactement comme on le fait depuis des siècles avec le corps des femmes.
Car le trumpisme n’est pas seulement un projet politique : c’est une performance de virilité autoritaire. Un pouvoir qui s’exerce avec la force, le mépris du consentement et la certitude que certains savent mieux que d’autres ce qui est « bon » pour eux.
Le Groenland, comme les femmes, n’aurait donc pas voix au chapitre. Il serait trop faible, trop incapable, trop mal gouverné pour décider par lui-même.
Trump incarne ainsi un masculinisme autoritaire avec un chef providentiel, fort, viril, incontestable.
Virginie Fortin (humoriste)
Les hommes vous êtes dans notre chemin depuis le début de la vie. Maintenant on va vous foutre dehors de la société.
Voilà comment ça va se passer : vous n’avez plus le droit d’aller à l’école, vous n’êtes pas bons là-dedans de toute façon, pour ce qui auront un bon comportement au camp de concentration vous vous verrez remettre un aspirateur avec des flammes sur les côtés et des jantes chromées sur les roulettes.
Si un homme tenait de tel propos sur les femmes ça ne passerait pas,
si un homme tenait de tels propos il ne serait pas humoriste.
Il serait président des États-Unis.
Écrits corsaires
De Pier Paolo Pasolini
Fascisme
Moi je croix que le vrai fascisme c’est ce qu’on appelle aujourd’hui « la société de consommation ». Une définition qui peut paraitre inoffensive. Mais si on observe bien autour de nous, dans notre façon de vouloir, toujours plus, de vouloir être, à la mode, d’acheter tout et n’importe quoi, cette société de consommation est l’aboutissement d’une véritable dictature, d’un vrai fascisme.
À l’époque de Mussolini, on pouvait voir des jeunes encadré en uniforme… mais une fois l’uniforme enlevé ces jeunes redevenaient les paysans, les ouvriers, les employés comme avant l’endoctrinement fasciste.
Le fascisme en réalité les avaient transformés en paillasses, certains peut être convaincus, mais ils ne les avaient pas touchés sérieusement dans le fond de l’âme, dans leurs façons d’être.
Ce nouveau fascisme, cette société de consommation, au contraire, a profondément transformé les jeunes, les a touchés dans l’intime, il leurs a donné d’autres sensations, d’autres façons de penser, de vivre, d’autres model culturels. Il ne s’agit plus, comme dans l’époque mussolinienne d’un embrigadement superficiel, scénographique, mais d’un embrigadement réel qui a volé et changé leur âme. Pour finir, si le mot fascisme signifie la domination du pouvoir, la « société de consommation » a bien réalisé la dictature fasciste.
(26 décembre1974)
Reconnaitre le fascisme
De Umberto Eco
L’extrême droite ne se revendique jamais du fascisme.
Ce serait tellement plus confortable se quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire : « je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rues italiennes ! »
Hélas, la vie n’est pas aussi simple.
Le fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes.
Notre devoir est de les démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes, chaque jour, dans chaque partie du monde.
Fascisme et populisme
De Antonio Scurati
Aujourd’hui, dans notre société, on a l’illusion que la démocratie est éternelle. Que la démocratie est presque une condition naturelle un bénéfice acquis une fois pour toute.
On a oublié les batailles terribles que les générations passées ont menées pour nous remettre le don rare et toujours précaire de la démocratie.
On pense la démocratie comme un grand arbre, un chêne, un pin, un peuplier. Pour ça on pense qu’on ne peut l’abattre qu’avec une hache, ou par un coup de foudre.
La démocratie, au contraire, est plutôt semblable à la plante de la vigne, et la vigne demande un soin constant, savant, qui nécessite de l’amour et de la dévotion. La vigne doit être greffée, taillée, arrosée, protégée des parasites et attachée aux tuteurs par des mains habiles, gentilles et forts. C’est un travail quotidien, le travail d’une vie.
Seulement alors cette plante fragile et merveilleuse donnera le doux vin enivrant de la démocratie.
Résister
De Salomé Saqué
Conclusions
On ne bascule pas du jour au lendemain dans un régime autoritaire. On y glisse souvent doucement sans fracas.
Et puis un beau matin, on réalise que la démocratie n’existe plus,
Vous ne l’entendez pas la petite musique qui monte, cette musique ce n’est pas une mélodie. C’est le bruit assourdissant de la sonnette d’alarme.
Nous pouvons encore dire haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde-là. Nous pouvons encore utiliser nos droits, tant que nous les avons.
Le droit d’informer, le droit de nous rassembler, le droit de créer,
le droit de rire et de faire rire, le droit d’affirmer notre envie de solidarité, notre besoin d’humanité.
Nous avons encore le droit de résister de toutes nos forces, à ce vent de haine et d’intolérance.
La démocratie ne meurt que si nous la laissons mourir.
Les chansons
Ma mi (Mais moi)
De Giorgio Strehler et Fiorenzo Carpi
Nous étions quatre avec Popol
Y’avais Rudolf, la Fouine et puis moi
Quatre amis quatre voyous
Toujours ensemble un truc de fous
Nous fîmes la guerre en Albanie
Sur les montagnes chassant les rats
Y’avais les allemands de la Wehrmacht
J’me sens mourir face à leurs actes
Ils m’ont attrapé en embuscade
Coups de poings coups de pieds une fusillade
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Au cachot mon corps détruit
Dormir comme un chien les maladies
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Frappé le jour frappé la nuit
Et pourtant je n’ai pas trahi
Le commissaire un beau matin
me fait appeler à l’improviste
Personne nous écoute je te le jure
me disait cette grosse ordure
Il me disait tes camarades
Même sans ton aide on les attrapera
Mais si tu parles je signe d’emblé
La remise de ta peine la liberté
Tu es vraiment bête si tu es content
De rester seul enfermé comme un con
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Au cachot mon corps détruit
Dormir comme un chien les maladies
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Frappé le jour frappé la nuit
Et pourtant je n’ai pas trahi
Je suis enfermé dans cette ratière
Sombre sinistre et froide comme l’hiver
Au-delà de ces murs continue la vie
Vitalité fracas de mon pays
Mon cœur se sert tombe la nuit
J’me sens pas bien j’tiens pas débout
Allongé dans un coin
Je me sens un moins que rien
C’est pire que la guerre de vivre sur la terre
Pour la liberté faut dénoncer mes frères
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Au cachot mon corps détruit
Dormir comme un chien les maladies
Mais moi mais moi mais moi
Quarante jours quarante nuits
Frappé le jour frappé la nuit
Et pourtant je n’ai pas trahi
Je n’ai pas trahi
Les chansons
Bella ciao
Chanson partisane
Una mattina mi son svegliato
Je me suis réveillé un matin
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
Una mattina mi son svegliato
Je me suis réveillé un matin
E ho trovato l’invasor
Et j’ai trouvé l’envahisseur
O partigiano portami via
Oh partisan emmène-moi
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
O partigiano portami via
Oh partisan emmène-moi
Che mi sento di morir
Car je me sens mourir
E se io muoio da partigiano
Et si je meurs en partisan
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
E se io muoio da partigiano
Et si je meurs en partisan
Tu mi devi seppellir
Il faudra que tu m’enterre
E seppellire lassù in montagna
Que tu m’enterres sur la montagne
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
E seppellire lassù in montagna
Que tu m’enterres sur la montagne
Sotto l’ombra di un bel fior
A l’ombre d’une belle fleur
Tutte le genti che passeranno
Et les gens qui passeront
O bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
Tutte le genti che passeranno
Et les gens qui passeront
Ti diranno che bel fior
Diront “Quelle jolie fleur”
E questo é il fiore del partigiano
C’est la fleur du partisan
Ho bella ciao bella ciao bella ciao ciao ciao…
E questo é il fiore del partigiano
C’est la fleur du partisan
Morto per la libertà
Mort pour la liberté
Les chansons
La guerre de Pierre
De Fabrizio De Andrè
Tu dors enterré sous un champ de blé
Ce n’est pas la rose ce n’est pas l’œillet
Qui veillent sur toi à l’ombre des ruisseaux
Mais c’est la ronde de mille coquelicots
Le long des rives l’espoir en attente
Je voudrais voir les brochets argentés
Et non les cadavres des hommes armés
Portés par les bras de l’eau courante
Ainsi tu disais et c’était l’hiver
Et comme les autres vers l’enfer
Tu t’en vas triste c’est le devoir
Le vent te crache à la gueule ce cauchemar
Arrête-toi Pierre, arrête-toi maintenant
Laisse le vent aller de l’avant
Des morts en bataille tu portes la voix
En échange de la vie tu portes une croix
Sur ce conseil le temps passa
Avec les saisons au pas d’la java
Tu es arrivé sur la ligne du front
C’était le printemps il faisait bon
Ainsi tu marchais ton âme sur le dos
Quand tu vis un homme près d’un ruisseau
Il avait la même identique fureur
Mais l’uniforme d’une autre couleur
Tire lui dessus Pierre tire lui dessus
Et après un coup encore un coup
Jusqu’à que tu le verras à terre
Couvrir son sang mordre la poussière
Si je lui tire au front ou au cœur
Il aura seulement le temps de mourir
Et moi j’aurais le temps de voir
De voir les yeux d’un homme qui meurt
Pendant cet instant de bienveillance
L’autre te voit il à peur il s’élance
Il embrasse très vite son fusil
Sans te rendre la courtoisie
Tu es tombé sans un mouvement
Tu t’es dit l’espace d’un instant
Que ta vie finissait ce jour
Et qu’il n’y aurait pas de retour
Ma Ninette pour mourir en mai
Il faut beaucoup d’intrépidité
Ma Ninette tout droit en enfer
J’aurais préféré y aller en hiver
Le blé écouta ton dernier refrain
Tu serrais encore le fusil dans les mains
Ta bouche enfermait des mots vermeils
Trop gelés pour fondre au soleil
Tu dors enterré sous un champ de blé
Ce n’est pas la rose ce n’est pas l’œillet
Qui veillent sur toi à l’ombre des ruisseaux
Mais c’est la ronde de mille coquelicots
Le pécheur
De Fabrizio De Andrè
A l’ombre du soleil qui meurt
S’était assoupi un vieux pêcheur
Il avait une ride sur le visage
Comme un sourire sur une plage
Vent à la plage un émigrant
Deux yeux grands comme un enfant
Deux yeux énormes plein de peur
Le miroir d’un récit de terreur
Il demanda au vieux du pain
Je suis épuisé et j’ai très faim
Il demanda au vieux du vin
J’ai soif je ne suis pas un gredin
Les yeux ouvrit le vieux au jour
Il ne se regarda pas autour
Il versa le vin partagea le pain
Pour qui disait j’ai soif j’ai faim
Et fut la chaleur d’un instant
Et puis à nouveau vers le vent
Devant les yeux le soleil qui meurt
Derrière son dos un vieux pêcheur
Derrière son dos un vieux pêcheur
Et la mémoire est déjà douleur
Déjà le regret des vieux jours
Jouer à l’ombre d’une cour
Vinrent à la plage des gendarmes
Vinrent à la plage avec les armes
Demandèrent au vieux sur le champ
S’il avait vu un émigrant
A l’ombre du soleil qui meurt
S’était assoupi un vieux pêcheur
Il avait une ride sur le visage
Comme un sourire sur une plage
RECONNAITRE LE FASCISME
De Umberto Eco
La première caractéristique du fascisme c’est le culte de la tradition.
Le traditionalisme implique le refus du modernisme.
Les fascistes comme les nazis adoraient la technologie.
Toutefois, ses louanges de la modernité n’étaient que l’aspect superficiel d’une idéologie fondée sur le « sang » et la « terre ».
Le refus du monde moderne recouvrait surtout le rejet de l’esprit de 1789, le siècle des lumières, l’Age de la raison, conçus comme le début de la dépravation moderne.
En ce sens, le fascisme peut être défini comme Irrationalisme.
L’irrationalisme dépend aussi du culte de l’action pour l’action. L’action est belle en soi, on doit la mettre en œuvre avant - et sans - la moindre réflexion.
Penser est une forme d’émasculation, (de castration).
Ainsi, la culture est suspecte, puisqu’on l’identifie à une attitude critique.
De la déclaration attribuée à Goebbels (Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver) à l’emploi courant d’expressions telles que sales intellectuels, crânes d’œuf, snobs radicaux, les universités sont un repaire de communistes,
la suspicion envers le monde intellectuel a toujours été un symptôme du fascisme. L’essentiel de l’engagement des intellectuelles fascistes officiels consistait à accuser la culture moderne d’avoir abandonné les valeurs traditionnelles.
L’esprit critique établit des distinctions, et distinguer est un signe de modernité. Dans la culture moderne, la communauté scientifique entend le désaccord comme un instrument de progrès des connaissances.
Dans le fascisme, le désaccord est trahison.
Le désaccord est en outre signe de diversité. Le fascisme croît et cherche le consensus en exploitant et exacerbant la naturelle peur de la différence.
Le premier appel d’un mouvement fasciste ou prématurément fasciste est lancé contre les intrus. Le fascisme est donc raciste par définition.
Le fascisme naît de la frustration individuelle ou sociale aussi, l’une des caractéristiques typique des fascismes historiques est-elle l’appel aux classes moyennes frustrées, défavorisées par une crise économique ou une humiliation politique, épouvantées par la pression de groupes sociaux inférieurs.
A notre époque où les anciens « prolétaires » sont en passe de devenir la petite bourgeoisie, le fascisme puisera son auditoire dans cette nouvelle majorité.
Quant à ceux qui n’ont aucune identité sociale, le fascisme leur dit qu’ils jouissent d’un unique privilège : être nés dans le même pays. La source du nationalisme est là. De plus, les seuls à pouvoir fournir une identité à la nation, ce sont les ennemis. C’est pourquoi à la racine de la psychologie fasciste on trouve l’obsession du complot. Les disciples doivent se sentir assiégés. Le moyen le plus simple de faire émerger un complot consiste à en appeler à la xénophobie. (La peur de l’autre)
Cependant les disciples doivent être convaincus de pouvoir vaincre leurs ennemis. Pour le fascisme, il n’y a pas de lutte pour la vie, mais plutôt une vie pour la lutte. Le pacifisme est alors une collusion avec l’ennemi ; le pacifisme est mauvais car la vie est une guerre permanente.
Puisque la guerre permanente est un jeu difficile à jouer, le fascisme transfère sa volonté de puissance sur des questions sexuelles. Là est l’origine du machisme (impliquant le mépris pour les femmes et la condamnation intolérante de mœurs sexuelles non conformistes, de la chasteté à l’homosexualité).
Le fascisme parle la « novlangue ». Tous les textes scolaires nazis et fascistes se fondaient sur un lexique pauvre et une syntaxe élémentaire, afin de limiter les instruments de raisonnement complexe et critique. Cela dit, nous devons être prêts à identifier d’autres formes de novlangue, même lorsqu’elles prennent l’aspect innocent d’un populaire talk-show.
Le fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable se quelqu’un s’avançait sur la scène du monde pour dire : « je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noir reviennent parader dans les rues italiennes ! » Hélas, la vie n’est pas aussi simple. Le fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de les démasquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes, chaque jour, dans chaque partie du monde.
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